Programme 2010

Don Giovanni / Mozart

 Ossia il dissoluto punito

 Dramma giocoso in due atti, KV 527.

Livret de Lorenzo da Ponte.

Créé le 27 octobre 1787 au Théâtre National de Prague.

Mise en scène : Jean-Romain Vesperini

Direction Musicale : François Salignat

Costumes : Sarah Vesperini-Weerts

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   Les 3 et 10 août 2010  à 21h30

"Pour leur sixième édition, "Les Nuits d'été de Corté" se lancent dans l'aventure d'une première production d'opéra. Le choix s'est porté spontanément sur le Don Giovanni de Mozart, sans doute à cause du caractère emblématique de cette oeuvre, tout à la fois exigeante et populaire et qui promet de trouver à la Villa Pancrazi un décor naturel à sa mesure.

Comme avec l'Hommage à Puccini en 2009, le défi dera relevé par une équipe de jeunes chanteurs en début de carrière dont certains, comme Sophie Angebault (Donna Elvira) et Jean-Philippe Elleouet (Don Giovanni) se sont déjà illustrés avec bonheur à Corté.

La distribution sera préparée musicalement et dirigée par le pianiste François Salignat, camarade de promotion de Jean-Romain Vesperini, Jean-Philippe Elleouet et Sophie Angebault à la Guildhall School de Londres, à la tête d'un petit ensemble d'instrumentistes venus entre autres de l'Ensemble orchestral  Musica Suprana de Bastia.

Pour ce Don Giovanni, le metteur en scène Jean-Romain Vesperini a imaginé une formule dramaturgique originale qui adapte l'oeuvre à la mesure des moyens techniques du festival et permettra au spectateur, même non initié, une parfaite compréhension de l'intrigue grâce à l'intervention d'un comédien, tout à la fois commentateur de l'action et interlocuteur des personnages. Pour opérer ce truchement entre l'opéra de Mozart et le public, Les Nuits d'été de Corté  ont pressenti une forte personnalité théâtrale, Robin Renucci, qui a accepté de venir, en voisin, mettre son talent au service de l'oeuvre de Mozart.

Comme toutes les grandes pièces du répertoire, Don Juan a subi de nombreuses distorsions au cours de sa longue carrière scénique, transposé dans des univers aussi divers que les bas-fonds de New York ou le monde des affaires international. Les Nuits d'été de Corté ont voulu revenir aux sources du livret et replacer leur Don Juan dans un univers esthétique original, celui de Tirso de Molina et du Trompeur de Séville. Les costumes, conçus par Sarah Weerts, en harmonie avec la façade néo-classique de la Villa Pancrazi, évoqueront de façon stylisée l'univers aristocratique et maniériste de la peinture espagnole et italienne de la fin du XVIe siècle, offrant ainsi au public un Don Juan authentique mais pleinement vivant."   

Alfred Caron (Rédacteur à Opéra Magazine et à l'Avant-Scène Opéra)

Avec:

  • Jean-Philippe Elleouet : Don Giovanni
  • Alexandre Duhamel : Leporello
  • Hye-Myung Kang : Donna Anna
  • Sophie Angebault : Donna Elvira
  • Carl Ghazarossian : Don Ottavio
  • Florian Westphal : Le Commandeur
  • Eléonore Pancrazi : Zerlina
  • Chang-han Lim : Masetto
  • François Salignat : Piano 
  • Frank Scalisi: Clarinette
  • Célia Picciocchi : Violon
  • Anne-Lise Herrera: Violoncelle
  • Luc Lautrey : Cor
  • Cécile Beune : Percussions
  • et les solistes de l'ensemble Musica Suprana
  • et ROBIN RENUCCI dans le rôle du Récitant.

      Note de mise en scène de Jean-Romain Vesperini 

     " Mettre en scène Don Juan de Mozart est un défi dès le départ. Cet opéra fait partie de ceux ancrés dans l’imaginaire des gens. D’aucuns l’ont vu dans la mise en scène moderniste de Haneke, d’autres ont visionné le film de Losey au point d’user jusqu’à la moelle leurs pauvres bandes magnétiques.

    Ainsi quand on arrive devant la partition de Don Giovanni dans le but d’en faire un spectacle, il ne s’agit pas juste d’apporter votre touche personnelle mais surtout de convaincre le spectateur de votre point de vue. Or quand on est un jeune metteur en scène, et que non seulement le spectre de Mozart plane au dessus de vous mais qu’à cette pression s’ajoutent les ombres des metteurs en scène déjà cités plus haut, que faire ? Faire du modernisme à tout prix pour actualiser une œuvre qui n’en a pas besoin ? La transposer dans un bidonville pour choquer un peu plus le spectateur blasé ?

     La réponse à toutes ces questions m’est venue d’une discussion avec mon père spirituel que j’ai l’honneur d’assister, Peter Stein. Il m’a dit un jour « maintenant qu’on a mis les acteurs nus sur un plateau, que peut on faire de plus ? » je lui ai répondu « les rhabiller ». Et bien c’est à cela que je vais m’atteler pour Don Juan.

     Mon anti-convention et mon originalité seront la convention. Don Juan se passera en plein âge d’or Espagnol. La Villa Pancrazi offre d’ailleurs un décor qui s’y prête parfaitement. On rajoutera pour encourager l’acoustique des niches qui viendront épouser la forme des arcades mauresques. Elles seront mobiles de telle sorte qu’on puisse voir un ballet et permettre un changement de décor rapide. Coté face, on verra en  trompe-l’œil de décors inspirés de l’Escurial et coté pile on figurera des jardins de l’Alhambra. Même dans les techniques, j’ai l’envie de retrouver un certain savoir faire. Je pense notamment à des techniques d’éclairage qui ont été remplacées par la vidéo aujourd’hui mais qui peut paraître froide par moment.

    J’ai envie de renouer avec un esprit baroque et ainsi travailler réellement l’illusion. Les costumes sans être une pâle copie de l’époque seront dans cet esprit à la fois de luxuriance et d’austérité. Dans un souci de compréhension et de fluidité du spectacle, nous avons l’honneur de compter parmi nous Robin Renucci qui sera notre double de Don Juan, un observateur malicieux qui nous contera en français les détails de l’action.

     Pour finir et bien éclaircir mon propos, il ne s’agira pas de faire une mise en scène plate et vieillotte mais au contraire de replacer l’œuvre dans son contexte pour me permettre de diriger les chanteurs dans les émotions originales de l’œuvre, de ne pas les détourner du sujet de Mozart, mais au contraire de mieux pénétrer les sentiments afin de les exposer au public. Je veux plonger au plus profond de l’opéra avec les chanteurs pour que toute la force dramatique explose aux yeux du public. Il ne sera ainsi plus juge d’un parti pris mais bel et bien happé par le tourbillon des sens qu’est « Don Giovanni ».  "