Conférences
Entrée libre
le 30 juillet à 18 heures- Villa Pancrazi
"Le Bel Canto : du dernier Rossini au premier Verdi
Maria Malibran
Qu’est-ce que le bel canto ? Une technique ? Une école de chant ? Un style musical ? Sans doute, un peu de tout cela en même temps. Le terme lui-même n’apparaît que tardivement, vers la fin du XIXe siècle. Et c’est Rossini, qui semble avoir été l’un des premiers à l’employer, mais sans majuscule et sans y voir un quelconque concept, pour évoquer dans les années de sa retraite précoce une école de chant qui était déjà sur le déclin lorsqu’il commença sa carrière dans les années 1810 et qui s’incarnait dans la figure mythique des grands castrats alors en voie de disparition.
« C’est la musique, dit Callas en 1968, dans ses entretiens avec Lord Harewood, la musique appliquée sur la voix ». Autrement dit une conception instrumentale du chant, une vision stylisée et apollinienne de la musique dramatique où l’expression repose sur la maîtrise du souffle, le legato, l’ornement compris comme un enrichissement organique de la ligne vocale et non comme une profusion débridée de vocalises et de traits virtuoses.
Cette esthétique, née au début du XVIIIe siècle avec l’opéra seria, se développe jusqu’aux premiers opéras de Bellini pour être ensuite battue en brèche par la tentation du réalisme, l’expressivité obtenue par des moyens externes à la musique, le mimétisme de la parole, la vocalité de force et la culture de la puissance vocale, mais on en trouve des traces jusque chez Verdi pourtant qualifié de premier « barbare » par le ténor Giacomo Lauri Volpi et au-delà même dans l’œuvre de Wagner, grand contempteur de l’opéra italien mais également fasciné par le génie mélodique d’un Bellini.
Alfred Caron
le 2 août à 18 heures, Villa Pancrazi
"Almaviva ou l’autre Barbier de Séville"
« Quel que soit l’état de perfection où nous avons porté tous les arts, il faut bien s’attendre que la postérité aura l’insolence d’inventer aussi quelque chose »
Stendhal, Vie de Rossini, chapitre XVI « Il barbiere di Siviglia »
Rossini
Lorsqu'en 1816, Rossini accepte la commande du théâtre de Torre Argentina de Rome, il Barbiere di Siviglia est déjà un opéra célèbre mais sous le nom d’un autre compositeur, Giovanni Paisiello. Ce dernier, né en 1740, est alors un vieux monsieur qui a cessé de composer depuis 8 ans mais son Barbier, créé en 1782 à la cour de Catherine la Grande, reste pour les « dilettantes » romains un chef d’œuvre intouchable.
Prudemment, Rossini prend soin de faire réécrire le texte et son librettiste Sterbini de rebaptiser leur œuvre - Almaviva ossia l’inutil precauzione - indiquant au passage par ce titre la place centrale du ténor dans leur opéra. Dans la préface du livret, ils paient un respectueux tribut au maître du siècle précédent et se défendent bien d’avoir voulu renchérir sur lui.
Pourtant, les amateurs eux ne s’y tromperont pas et sauront bien détecter, sous l’apparente révérence, l’insolence et la raillerie envers la musique ancienne. Ils siffleront d’abondance cet opéra moderne, d’un goût insolite, avec ses grands ensembles mécaniques et son « manque total d’expression » (Stendhal). La première sera un fiasco mémorable.
Cependant, « le lendemain, la pièce alla aux nues. On voulut bien s’apercevoir que si Rossini n’avait pas les mérites de Paisiello, il n’avait pas aussi la langueur de son style, défaut cruel qui gâte souvent ses ouvrages. » (Stendhal)
Ainsi naissent les chefs d’œuvre, bien souvent incompris et dérangeants. Nous nous intéresserons à l’anecdote de la création et à ce qu’elle cache et révèle, et qui est peut-être rien moins qu’une révolution musicale.
Alfred Caron
Chaque conférence sera suivie d'un dîner corse au Restaurant de l'Hôtel HR , 12 avenue du 9 septembre
Tarif 20€
Réservations au 04 95 47 08 40

